Jeudi 17 Août 2017

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Immobilier: les prix sont surévalués de 15% en France

Les prix des logements ont pour l'instant peu baissé et restent surévalués de 15%, selon le Crédit agricole. Cette année, le marché devrait continuer à tourner au ralenti et les prix devraient reculer de 4%

Même si les prix de l'immobilier baissent depuis 2012, ils restent encore surévalués de 15%, selon une étude du Crédit agricole. «Les prix ont pour l'instant peu baissé (-2,1% en 2012 et -2,5% en 2013) et la hausse de 155% cumulée depuis 1998 n'a été que partiellement compensée par la baisse des taux de crédit, l'allongement de la durée des prêts et les hausses de revenu», justifie Olivier Eluère, économiste au Crédit agricole et auteur de l'étude. Le marché s'est toutefois légèrement assagi par rapport à 2008, où les prix étaient alors surévalués de 25%, selon le Crédit agricole. Les taux de crédit étant alors plus élevés, emprunter pesait davantage sur le revenu des ménages.

Cette année, le marché devrait toujours tourner au ralenti. Le Crédit agricole table sur une baisse de 4% des transactions dans l'ancien et sur une stabilité dans le neuf. «Les facteurs négatifs restent présents, mais ils ne devraient pas s'accentuer. La conjoncture se redresse très progressivement», estime Olivier Eluère. Le nouveau régime fiscal des plus-values, avec notamment un abattement exceptionnel de 25% pendant un an, pourrait aussi «fluidifier un peu le marché», avec une hausse des mises en vente de logements et des investissements locatifs.

Les taux des crédits immobiliers vont monter progressivement

Mais les taux des crédits immobiliers devraient remonter peu à peu dans le sillage de l'OAT à 10 ans qui pourrait atteindre 3% en fin d'année. Si ce scénario se confirme, la baisse des prix des logements anciens devrait atteindre 4% (en glissement annuel). «Ce qui représenterait un repli cumulé de 7% à 8% entre fin 2011 et fin 2014», précise l'étude.

«L'évolution des taux de crédit habitat sera déterminante pour le marché immobilier en 2014», avance Olivier Eluère. «Si les taux obligataires remontaient fortement et si ce mouvement était ensuite répercuté sur les taux de crédit, la correction du marché pourrait devenir significative», précise-t-il.
Quoi qu'il en soit, comme en 2013, les secondo accédants, autrement dit les ménages qui achètent et vendent leur résidence principale, resteront majoritaires sur le marché immobilier cette année. «Le poids des “primo-accédants” restera faible», souligne-t-il.


Source : Figaro Economie 2014